Calculateur de la formule de Binet (suite de Fibonacci)

Rédigé par Thierno Sadou Diallo, formule vérifiée selon notre méthodologie • Mis à jour le 28/08/2026

La formule de Binet donne directement le n-ième terme de la suite de Fibonacci sans calculer les termes précédents : F(n) = (φⁿ − ψⁿ) ÷ √5, où φ est le nombre d'or. Pour n=10, cette formule donne exactement 55 — la même valeur que le calcul itératif classique (1,1,2,3,5,8,13,21,34,55).

Explication

La suite de Fibonacci, définie par une simple récurrence (chaque terme est la somme des deux précédents), possède une propriété remarquable et à première vue surprenante : il existe une formule FERMÉE, la formule de Binet, qui donne directement n'importe quel terme sans avoir à calculer tous les termes qui le précèdent. Cette formule s'écrit F(n)=(φⁿ−ψⁿ)/√5, où φ=(1+√5)/2 est le nombre d'or déjà publié sur ce site, et ψ=(1−√5)/2 son conjugué (la seconde racine de la même équation x²=x+1 qui définit φ). Le résultat le plus étonnant de cette formule est qu'elle mélange systématiquement des puissances de deux nombres IRRATIONNELS (φ et ψ, tous deux impliquant √5), et pourtant leur différence, une fois divisée par √5, redonne toujours très exactement un nombre ENTIER — les parties irrationnelles s'annulant parfaitement à chaque étape du calcul. Cette formule complète directement le calculateur de suite de Fibonacci déjà publié, qui calcule le même résultat par la méthode ITÉRATIVE habituelle (en additionnant successivement chaque paire de termes) : les deux méthodes donnent rigoureusement le même résultat, mais la formule de Binet a l'avantage conceptuel de ne nécessiter aucune boucle de calcul, un terme quelconque pouvant être obtenu directement sans connaître ceux qui le précèdent. En pratique numérique cependant, cet avantage a une limite : comme φⁿ devient un très grand nombre tandis que ψⁿ (avec |ψ|<1) devient minuscule, l'arrondi en virgule flottante de cette formule perd sa précision exacte plus tôt que le calcul itératif en nombres entiers, ce qui explique pourquoi ce calculateur est plafonné à n=70 plutôt qu'au plafond plus généreux du calculateur itératif.

Exemple : le dixième terme de Fibonacci

Données d'entrée

Rang recherché : n=10.

Calcul

F(10) = (φ¹⁰ − ψ¹⁰) ÷ √5 ≈ (122,9919 − (−0,0081...)) ÷ 2,236 ≈ 55.

Résultat

Le dixième terme de la suite de Fibonacci vaut exactement 55, la même valeur que le calcul itératif classique 1,1,2,3,5,8,13,21,34,55.

Questions fréquentes

Comment un résultat entier peut-il sortir d’une formule pleine de racines carrées ?

Parce que φ et ψ sont les deux racines de la même équation quadratique x²−x−1=0, ce qui leur confère des propriétés algébriques complémentaires très particulières : quand on développe φⁿ−ψⁿ selon le binôme de Newton, tous les termes contenant une puissance impaire de √5 s'annulent exactement entre les deux développements, ne laissant subsister que des termes en puissances paires de √5, qui se simplifient ensuite exactement avec la division par √5 elle-même. Le résultat final est garanti entier par cette construction algébrique, jamais par coïncidence numérique.

Pourquoi le plafond de saisie est-il plus bas que celui du calculateur itératif de Fibonacci ?

Parce que la formule de Binet manipule des nombres irrationnels représentés en virgule flottante (avec une précision finie), tandis que le calcul itératif manipule directement des nombres entiers exacts, sans aucune perte de précision tant que le résultat reste inférieur à 2⁵³. L'arrondi de φⁿ en virgule flottante introduit une erreur qui devient suffisante pour fausser le résultat final dès n=71 avec cette formule, alors que le calcul itératif reste exact jusqu'à n=78 — deux limites différentes pour deux méthodes de calcul différentes, aussi rigoureuses l'une que l'autre dans leur domaine de validité respectif.

Cette formule a-t-elle une utilité au-delà de la curiosité mathématique ?

Oui : elle permet de calculer instantanément un terme de rang élevé sans avoir à dérouler toute la suite depuis le début, un avantage réel en analyse d'algorithmes et en informatique théorique, où l'on compare précisément les performances d'un calcul en TEMPS CONSTANT (la formule de Binet, une seule opération) contre un calcul en TEMPS LINÉAIRE (l'itération, une opération par terme) pour un même problème mathématique — un exemple pédagogique classique de complexité algorithmique.

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