Calculateur de biomasse par niveau trophique

Rédigé par Thierno Sadou Diallo, formule vérifiée selon notre méthodologie • Mis à jour le 23/08/2026

La biomasse disponible à un niveau trophique se calcule avec biomasse des producteurs × (efficacité de transfert ÷ 100) élevé au nombre de niveaux franchis. Avec 10 000 kg de producteurs et une efficacité de 10%, il ne reste que 10 kg de biomasse après 3 niveaux trophiques (herbivore → carnivore → super-prédateur).

Explication

Dans un écosystème, l'énergie et la matière ne se transmettent jamais intégralement d'un niveau trophique au suivant : une grande partie est perdue sous forme de chaleur (respiration cellulaire, activité métabolique), ou n'est simplement jamais consommée par le niveau supérieur (matière non digestible, individus morts non mangés). La « règle des 10% », popularisée par l'écologiste Raymond Lindeman, résume cette perte par un ordre de grandeur pratique : en moyenne, seuls environ 10% de la biomasse (et de l'énergie) d'un niveau trophique se retrouvent transformés en biomasse au niveau supérieur. C'est cette perte qui s'accumule de façon multiplicative à chaque niveau franchi — pas additive — qui explique pourquoi la biomasse disponible chute si vite : après seulement 3 niveaux, moins de 0,1% de la biomasse initiale des producteurs subsiste, ce qui explique concrètement pourquoi les chaînes alimentaires naturelles dépassent rarement 4 à 5 niveaux trophiques avant que la biomasse restante ne devienne trop faible pour soutenir un niveau supplémentaire. Cette règle des 10% n'est qu'un ordre de grandeur moyen : l'efficacité réelle de transfert varie sensiblement selon les écosystèmes, généralement plus élevée en milieu aquatique (le phytoplancton, à la durée de vie très courte, est consommé plus intégralement et plus rapidement que les végétaux terrestres, qui investissent une grande part de leur biomasse dans des tissus peu digestibles comme le bois). C'est ce même principe de perte d'énergie à chaque étape de transformation qui motive, à l'échelle de l'alimentation humaine, la recommandation de limiter la consommation de viande pour réduire l'empreinte environnementale — voir notre calculateur d'empreinte carbone de l'alimentation pour quantifier cet effet à l'échelle d'un régime alimentaire individuel.

Exemple : chaîne alimentaire à 3 niveaux

Données d'entrée

Biomasse des producteurs : 10 000 kg. Efficacité de transfert : 10%. Niveaux franchis : 3 (herbivore, carnivore, super-prédateur).

Calcul

Biomasse restante = 10 000 × (0,10)³ = 10 000 × 0,001 = 10 kg.

Résultat

Sur les 10 000 kg de biomasse végétale de départ, seuls 10 kg (0,1%) sont disponibles au niveau des super-prédateurs — une illustration directe de pourquoi les grands prédateurs sont toujours bien moins nombreux que leurs proies.

Questions fréquentes

Pourquoi la perte d’énergie est-elle multiplicative et pas additive à chaque niveau ?

Parce que chaque niveau trophique ne peut transformer en sa propre biomasse qu'une fraction de ce qu'il a lui-même consommé, pas une fraction fixe de la biomasse initiale des producteurs. À chaque étape, c'est donc le même pourcentage qui s'applique au résultat de l'étape précédente (une multiplication répétée), ce qui produit une décroissance exponentielle plutôt que linéaire — d'où la chute si rapide illustrée par l'exemple des 3 niveaux.

Pourquoi les écosystèmes aquatiques sont-ils souvent plus efficaces que les écosystèmes terrestres ?

Le phytoplancton, base de la chaîne alimentaire aquatique, a un cycle de vie très court et investit peu d'énergie dans des structures peu digestibles — il est consommé rapidement et presque intégralement par le niveau suivant. Les plantes terrestres, à l'inverse, investissent une part importante de leur biomasse dans des tissus de soutien (bois, écorce) largement indigestibles pour la plupart des herbivores, ce qui réduit la part réellement transférée au niveau trophique supérieur.

Cette règle explique-t-elle pourquoi il y a moins de prédateurs que de proies ?

Oui, directement : puisque la biomasse disponible diminue fortement à chaque niveau trophique, un écosystème ne peut soutenir qu'une biomasse totale de prédateurs bien inférieure à celle de leurs proies. C'est ce principe qui explique la forme typique en pyramide des écosystèmes naturels (une large base de producteurs, un sommet étroit de super-prédateurs, dont la diversité peut se mesurer avec notre calculateur d'indice de diversité de Shannon), et pourquoi les grands prédateurs ont généralement besoin de vastes territoires pour trouver suffisamment de proies.

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