Calculateur de flèche d’une poutre

Rédigé par Thierno Sadou Diallo, formule vérifiée selon notre méthodologie • Mis à jour le 24/08/2026

La flèche maximale d'une poutre sur deux appuis, sous une charge centrée, se calcule avec δ = (F × L³) ÷ (48 × E × I). Une poutre acier de 2 m de portée sous 1000 N fléchit d'environ 0,49 mm, contre 3,2 mm pour une poutre en bois comparable — le bois étant nettement moins rigide que l'acier.

Explication

La flèche désigne le déplacement vertical maximal d'une poutre sous l'effet d'une charge, un indicateur essentiel en résistance des matériaux pour vérifier qu'une structure reste suffisamment rigide sous son usage prévu — une poutre peut résister sans casser tout en fléchissant trop pour un usage confortable (plancher qui « rebondit », plafond visiblement affaissé). Cette formule s'applique au cas le plus classique en résistance des matériaux : une poutre reposant simplement sur deux appuis (sans encastrement), soumise à une charge ponctuelle unique appliquée exactement en son centre. Trois facteurs déterminent cette flèche : la charge F (proportionnelle : doubler la charge double la flèche), la portée L entre appuis (avec un effet cubique très marqué — doubler la portée multiplie la flèche par 8, à charge et section identiques, ce qui explique pourquoi les grandes portées exigent des sections nettement plus généreuses), et enfin la rigidité globale de la poutre, produit du module d'Young E du matériau (voir notre calculateur du module d'Young, qui mesure cette rigidité intrinsèque indépendamment de toute application structurelle) et du moment d'inertie I de sa section transversale, qui dépend de la forme géométrique de la poutre — à section égale, une forme en I bien plus haute que large résiste beaucoup mieux à la flexion qu'une section pleine carrée de même surface, car la matière est concentrée loin de l'axe neutre de flexion. C'est cette efficacité géométrique qui explique pourquoi les profilés métalliques de construction adoptent presque systématiquement une forme en I ou en H plutôt qu'une section pleine, à quantité de matière comparable.

Exemple : poutre acier IPE100, charge de 1000 N sur 2 m de portée

Données d'entrée

Charge : 1000 N. Portée : 2 m. Module d’Young (acier) : 200×10⁹ Pa. Moment d’inertie : 1,71×10⁻⁶ m⁴.

Calcul

δ = (1000 × 2³) ÷ (48 × 200×10⁹ × 1,71×10⁻⁶) = 8000 ÷ 16 416 000 000 ≈ 0,000487 m, soit environ 0,49 mm.

Résultat

Cette poutre acier fléchit d’environ 0,49 mm sous cette charge — une déformation très faible, typique de l’acier, un matériau particulièrement rigide.

Questions fréquentes

Pourquoi la portée a-t-elle un effet aussi marqué (au cube) sur la flèche ?

Cet effet cubique découle directement de la mécanique de la flexion : une poutre plus longue subit un moment de flexion plus important sous la même charge (proportionnel à la portée), et cette déformation accrue s'accumule sur une plus grande longueur de poutre (un second facteur proportionnel à la portée), le tout combiné à un troisième facteur géométrique lié à la répartition de la courbure — d'où la puissance 3 au total. C'est pourquoi allonger une portée sans renforcer la section a un effet dramatique sur la flèche, bien plus marqué que l'effet d'une charge plus lourde à portée identique.

Pourquoi les poutres métalliques ont-elles une forme en I plutôt que pleine ?

Parce que le moment d'inertie d'une section dépend fortement de la distance entre la matière et l'axe neutre de flexion (le centre de la section, qui ne se déforme pratiquement pas) : concentrer la matière loin de cet axe, comme le font les ailes d'un profilé en I, augmente le moment d'inertie de façon disproportionnée par rapport à la quantité de matière utilisée. C'est cette efficacité géométrique qui permet aux profilés en I de résister à la flexion avec beaucoup moins de matière (donc de poids et de coût) qu'une section pleine équivalente.

Cette formule s’applique-t-elle à n’importe quel type d’appui et de charge ?

Non, elle est spécifique au cas d'une poutre reposant sur deux appuis simples (sans encastrement) avec une charge ponctuelle unique exactement centrée — le cas de référence le plus enseigné en résistance des matériaux. D'autres configurations (charge répartie sur toute la portée, poutre encastrée à une ou deux extrémités, charge décentrée) suivent des formules différentes, avec des constantes numériques distinctes du 48 utilisé ici ; dans tous les cas, la contrainte interne à la poutre (voir notre calculateur de contrainte mécanique) doit aussi être vérifiée séparément, une poutre pouvant fléchir dans des limites acceptables tout en restant sous-dimensionnée en résistance, ou inversement.

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